26 octobre 2009

Creature From The Black Lagoon (1954)

> Critiques de films — Soundwave @ 17:52

Creature Black Lagoon - Affiche

Un petit classique pour changer… Notre aventure débute au Brésil où un scientifique découvre le fossile d’une main appartenant à un animal totalement inconnu. Ni une ni deux, il appelle à la rescousse des amis, afin de partir à la recherche d’autres parties du squelette. Mais ce que ces explorateurs du passé ignorent, c’est que dans les eaux noires du lac se cache une créature de cette espèce encore vivante! Et que la confrontation d’un fossile vivant et l’homme moderne sera loin d’être une partie de plaisir!

Creature Black Lagoon - Snap 3

Une image de promotion archi connue: la belle enlevée par la bête…

Tout le charme des anciennes productions se retrouvent dans ce film. Une certaine naïveté dans le jeu des acteurs, et aussi dans une mise-en-scène parfois trop démonstrative, afin de provoquer un suspense désuet à notre époque (la main de la Créature qui sort de l’eau lentement sous une musique tonitruante… Brrrrr, terrifiant! ;-) ). Mais si on parvient à se replonger dans le contexte de cette époque, le film de Jack Arnold possède d’indéniables qualités qui en on fait un classique à juste titre. L’expédition en bateau est toujours un must, fait de dépaysement et d’aventures. Le Rita ne vaut pas l’Orca, mais je ne l’oublierais pas de sitôt, ce vieux raffiot. Et puisqu’on parle des Dents de la Mer, je serais curieux de poser une question à son réalisateur: “Dites Monsieur Spielberg, vous n’auriez pas un peu copié certaines scènes de Creature From The Black Lagoon pour votre film?” “Mais certainement… Un hommage, bien entendu…”. C’est le cas lorsque la Créature se fait prendre dans un filet, et que l’armature avec le crochet qui le soutient risque de céder. Le même plan et la même ambiance que la cage de Hooper! Et cette nage de l’héroïne vu du dessous, ca me rappelle aussi un bain de minuit qui finit mal. Cette scène est d’ailleurs merveilleuse de poésie, une perle qui justifie à elle seule la vision de ce film. La nageuse en question, assistante d’un des scientifiques, est incarnée par la ravissante Julie Adams (qui a un petit air de Jennifer Connelly, parfois…). Et pour se rafraîchir un peu pendant que les hommes bavassent sur leur première expédition sous-marine, elle part faire quelques brasses, insouciante du danger. Le public sait que la Créature l’attend sous l’eau mais au lieu d’une scène de suspense insoutenable, le réalisateur préfère la douceur d’un ballet sous-marin, où la Créature nage gracieusement en dessous de Julie Adams, mais dans l’autre sens, comme s’il s’agissait de son miroir.

Creature Black Lagoon - Snap 1

Un très beau passage, où l’on comprend que la créature n’est agressive que si on l’est avec elle, et que sa curiosité la poussera à toucher subrepticement la jambe de la jeune femme, sans la moindre intension de nuire. Bravo à Ricou Browning pour ce beau moment. Plongeur émérite, Browning a enfilé le costume de la créature, et sans bonbonne, parviens à nous faire croire en l’existence de ce personnage à part entière. Un seul plan, très rapide et mal coupé, nous montre cet amphibien qui fait des bulles ;-) . Sur terre, c’était le cascadeur Ben Chapman qui lui donnait vie, mais avec un peu moins de succès. J’en viens à une autre réussite du film: un costume pas mal du tout pour l’époque, qui a couté la modique somme de 15.000$. Evidemment, les gens sans imagination n’iront pas avec le dos de la cuillière “Oui, mais on voit très bien qu’il s’agit d’un homme dans un costume”… Les autres comme moi verront une créature qui ne demande qu’à être acceptée, et qui répondra du tac au tac à l’agressivité humaine. Entrecoupé de purs moments de films d’agressions animales sous-marines, dont ce film est sans doute l’ancêtre, pour mon plus grand bonheur. Il comporte également de gros morceaux de bravoure, une chasse à la Créature très bien filmée, dans les eaux de Floride.

Creature Black Lagoon - Snap 2

Le film a été exploité en 3-D aux Etats-Unis, mais ça n’a malheureusement pas été le cas en Europe (et de toutes façons, j’étais pas né ;-) ). Les lunettes étaient donc de rigueur dans les Drive-In, pour profiter pleinement de ce chouette petit film.

Et je ne pouvais trouver meilleure transition pour parler d’un de mes passe-temps:

CFTBL - Fronton

CFTBL - Hologramme

Hé oui, j’ai le flipper à la maison. Je suis un grand taré, oui, je sais…
Le thème est très bien trouvé, car le jeu normal s’articule sur les Drive-In de l’époque: trouver une place pour la voiture, payer son ticket, embrasser la fille après la séance, courir au Snack Bar manger des crasses… Et mettre en route la machine pour visionner le film de la soirée: Creature From The Black Lagoon.

CFTBL - Inside

Et là, ce flipper limite banal se transforme en décharge d’adrénaline: le multibille est enclenché. Seulement 2 billes, et dieu merci! Car pour atteindre les cimes du classement, il faut les garder le plus longtemps, ces deux billes, et les faire aller aux endroits stratégiques sans perdre la boule (c’est le cas de le dire!).

CFTBL - Julie

La séance vient à peine de commencer et déjà la belle Julie est en danger!!

La grande rampe s’illumine, le film démarre, on entend la musique originale et il faut sauver la fille (dont la poitrine a mystérieusement grossi en passant du film au flipper. Bizarre…). Bonne chasse!

Verdict: 7/10 (le film, hein! Le flipper 10/10! ;-) )

Soundwave

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